Pasticcio. Au c.a.o.nard.

L’hiver arrive. J’ai froid. Je suis en retard dans mes billets.

Du coup, après avoir lu l’excellent pastiche sur le cheval blanc d’Henri IV, qui devrait servir d’introduction à TOUS les cours de méthodologie historique en France et ailleurs, j’ai pris une heure d’insomnie pour en réaliser un, sur notre glorieuse épopée de la compréhension des Arts Martiaux anciens.

Le mien est moins bon et plus méchant. Les vrais savent. Ou pas. La vérité est ailleurs.

Jules Michelet

 Michelet Le coup furieux se dresse, indomptable, dans la foule des attaques barbares de l’est. Direct, puissant, il incarne la rectitude, le droit, le bon, que les allemands nomment « recht ». C’est le choc teuton, celui qui brise Rome, qui nourrit Charlemagne, et vise aujourd’hui le cœur du voisin français. La colère allemande devra rencontrer la furia des francs. Une fois le choc furieux passé, dépassé et trépassé, seule la poussière du temps, soulevée par l’écho du pas des morts, pourra témoigner.

Ernest Lavisse

Le coup furieux c’est le soubresaut décisif face à la tyrannie, face aux petits savants qui jargonnent tandis que le peuple plie. C’est le chant de la liberté, qui instruit le citoyen. Mais le coup furieux n’est pas complet. Il lui manque, pour réussir, la continuité du mouvement français, la flèche républicaine qui vise les petits marquis droit au cœur.

 

Lavisse

Fernand Braudel

Braudel Le coup furieux tire ses racines dans la folie du Rhin, dans la démence calme et violente à la fois des forêts de l’Europe Centrale. Il coule, tel le Danube, piaffe comme les chevaux des plaines de Lituanie et s’enracine dans le geste des laboureurs du plat pays avant de s’envoler vers la couronne de l’Europe, les massifs alpins.

 

Ernest Labrousse

Le coup furieux, c’est un savoir-faire manuel monnayé 5 guilder par des maîtres d’escrimes inscrits dans le registre fiscal de la 3eme paroisse de Francfort. Ils payent dessus 1 guilder d’impôt au conseil, sans avoir le droit de résider sur le territoire à moins d’acquérir le statut de bourgeois. C’est souvent le métier de coutelier, ou de forgeron, rapportant autour de 1789 florins à l’année, qui mène à cet état, permettant ainsi au coup furieux de parcourir le réseau de la Hanse, et probablement de finir sa course dans les villes puissantes de l’Italie du nord, où la rémunération des maîtres d’escrime s’avère plus stable, autour de 500 florins d’argent par an, du fait des familles princières richement dotées. On estime la valeur nominale moyenne du coup furieux, au XVe siècle, à 3 florins à Francfort, 4 à Prague et probablement moins d’un gros tournoi à Paris. Labrousse

George Duby

Duby$ Le coup furieux c’est le coup du chevalier, d’un visuel brutal mais gardant à l’esprit la construction de l’éthique européenne. Du fort, il fait le faible et du faible, il fait le fort. Avatar de l’occident croyant, du christianisme triomphant, il n’en est pas moins l’écho des droits coutumiers germaniques qui, alliés au droit romain, forment la base normative de l’éthique européenne. Donner un coup furieux, c’est plaider sa propre folie, c’est rechercher l’excuse de son pair chevalier, et plus tard, de son égal citoyen. En transmettant cette escrime basée sur l’éthique chrétienne, c’est une escrime de l’humilité que l’on perçoit.

Alain Corbin

Le coup furieux c’est la recherche du choc, le désir du bruit. Le son de la lance et du casque, que narre Monstrelet et la démence de Charles VI. Il dévoile l’imaginaire de la colère, refoulée ou déchainée, qui irrigue les contemporains de Liechtenauer. On devine à travers lui une escrime sensitive, empirique, dont le sentiment déborde malgré le cadre savant qu’on appose sur elle. C’est l’art martial des bourgeois hurlants, des couteliers suants, des artisans qui touchent, palpent, et souvent saignent pour leur communauté. Corbin

Michel Pastoureau

Pastoureau Le coup furieux c’est d’abord la colère. Le rouge de la colère folle, mais aussi celle, feinte, de l’aristocrate au sang bleu. Délaissant la brutalité du sanglier, il aurait pu être nommé coup de l’ours, en hommage au symbole déchu de la royauté, ou coup du lion en Vénétie. La diagonale bleue renvoie de fait littéralement aux armoiries de la famille de Wittelsbach, protecteurs de maîtres d’armes.

 

Lorant Deutsch

Le coup furieux, c’est la brutalité des goths face à la technicité de l’école française. Le vrai terme est en fait escrime gothique, du nom des cathédrales françaises. D’ailleurs, il n’est pas furieux, mais colérique, à l’inverse des sages souverains de France qui ont toujours respecté le peuple français. Le retour, aujourd’hui, du mot « coup furieux » sonne comme une nouvelle décapitation, alors que les termes français conviennent très bien pour expliquer une phrase d’armes. Deutsch

Dimitri Casali

 Casali Le coup furieux, c’est une valeur fondamentale du peuple teuton, et des peuples européens, c’est la vaillance des grands hommes que l’on cherche aujourd’hui à faire disparaître du paysage scolaire. Chaque peuple a une essence et il doit apprendre ce qui fait cette essence. Rendons l’enseignement de la flèche obligatoire en Première, tandis que nos amis allemands devraient rendre obligatoire celui du coup furieux.  Car sinon, dans quelques années, nos enfants ne sauront plus ce qu’est une épée et penseront que seuls existent les sabres du proche orient.

Belkacem démission.

Frank Ferrand 

Le coup furieux est en fait placide, et ne fut pas inventé par des allemands, mais par des suisses de la vallée de l’Entlebuch, d’où l’appellation « fechtbuch » qui signifie « escrime de la vallée de Buch ». Les habitants de cette vallée ont reçus l’escrime de la part d’un voyageur du Jura, Jehan, surnommé « le mur ». Cette vérité, pourtant évidente, est cachée par des universitaires et des mandarins avares de leurs connaissance, qui utilisent le pouvoir politique pour cacher les faits. Ferrand

Stéphane Bern

Bern Le coup furieux, c’est le surnom qu’avait donné l’impératrice Marie-Thérèse à son professeur d’escrime, l’alsacien Bernard Dikhe. L’histoire dit qu’ils se retrouvaient en secret dans cette alcôve de l’écurie du petit château de Liechtenau pour y partager des joies simples. Ce soir, je vous emmène dans ce monde fabuleux où l’estoc furieux ne prêtait pas toujours à la douleur.

Bonne lecture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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