2017, boulot gratis. Gratis pour vous.

Préambule impromptu

 Ce petit billet de fin 2016 a bien failli ne pas être publié. Pour tout un tas de raisons, les principales étant une très mauvaise humeur, un soupçon de mauvaise foi et surtout une grosse crise de colère sur les réflexes du compromis à outrance qui semblent devenir la marque de fabrique de notre discipline. Pour un peu, dans 3 ans, nous interdisons le MMA et le déclarons opposé à la dignité humaine avant de lire les rapports écrits dessus. Mais avec des bisous et des sourires polis. Et des costumes-cravates.

Globalement, les moins attentifs d’entre vous auront noté que ce blog ne tourne plus des masses depuis fin 2014. A ceci, plusieurs raisons. La principale, c’est que les AMHE ont fatigué votre serviteur.

Non, pas les AMHE, l’administratif derrière les AMHE. La bureaucratie des AMHE. Les projets nationaux, les grands plans quinquennaux, la planification, la surveillance, les partis, la politique, les révolutions de palais, les arrivistes… bref, tout ce qui fit et fait encore la joie des extraordinaires systèmes totalitaires qui oublient qu’ils sont au service des gens avant d’être au services d’idéaux, et au service d’idéaux avant d’être au service d’une administration.

Une autre raison, plus personnelle, est que votre auteur préféré de 2014 a le même problème que les mauvais séducteurs : il ne sait pas conclure. Résultat, j’ai 14 (oui, deux fois sept, les apôtres plus le christ et marie) articles non terminés, que je n’arrive pas à boucler parce que, au choix

  • Trop de choses à dire
  • Pas assez de choses à dire
  • Crainte d’un jugement
  • Ras de bol du sujet
  • Déjà traité ailleurs entre temps IRL
  • Déjà fait sur Roarr
  • Etc

Je ne vous le cache pas, j’ai bien failli tout arrêter. Tout brûler, dans un accès de colère non feinte, supprimer articles, messages, débats et laisser le navire couler ou arriver à bon port, mais sans moi. Parfois, la pulsion du suicide intellectuel est forte, et je pense que beaucoup, parmi vous, connaissent cette envie de laisser derrière soi une terre brûlée, tel un Palpoutine des Batignolles. Et s’ils ne la connaissent pas, c’est qu’elle les attend encore, quelque part au détour d’une déception, d’un échec ou d’un moment difficile.

Pourtant, l’article de noël sort. « trop facile, Carrousel » vous dites-vous. Dans un sens, vous pouvez vous moquer allègrement. Il est aisé de crier, hurler et ruer dans les brancards, pour ensuite se dégonfler comme un vieux ballon et revenir, tel un junkie, sur les médias numériques échangeant des noms d’oiseaux avec le premier samouraï de souabe venu.

Sauf que non, c’est, comme toujours, plus compliqué que ça. Sauf pour le côté junkie. Votre rédacteur admiré est en effet probablement drogué aux AMHE. Il faut dire que ça a commencé il y a longtemps, difficilement, avec peu de moyens, beaucoup de liberté et d’échange, et surtout, aucune censure, aucun souci d’image, aucune limite autre que notre honnêteté intellectuelle, notre capacité à reconnaître nos erreurs et à aller de l’avant, toujours.

Et le seul moyen, aujourd’hui, de continuer à avoir cette liberté d’expression, de ton, c’est d’écrire sur un media à sens unique. Un blog, une revue, un colloque, peu importe : un domaine où vous maîtrisez les échanges, où vous acceptez la critique, mais où celle-ci ne devient pas votre seul peur, votre seul souci, votre seul horizon. Un média où vous pouvez expliquer qu’une approche est mauvaise sans vous faire accuser d’élitisme ou de confisquer un débat (puisqu’il n’y a pas de débat, il y a un texte). Sans qu’on vienne vous dire que vous intellectualisez trop, qu’il faut laisser parler les gens qui n’ont rien à dire, voire laisser voler les pigeons (jme comprends)

C’est ce que le Carrousel va, probablement dans un élan ultime, tenter de faire. Reprendre l’écriture, proposer à d’autres contributeurs (même si je n’y crois pas beaucoup, pasque au fond, ya un paquet de faignants) d’intervenir, approfondir la ligne éditoriale, qui consistera à encore plus déraisonner de manière facile et caustique sur les produits, arguments et sources de la discipline nommée AMHE. Mais ici. Selon mes termes. Selon mes règles, c’est-à-dire aucune limitant l’expression, sans faire dépendre une autorisation d’écriture du constructivisme d’une idée, de la pertinence ontologique d’une conclusion, de l’approche téléologique d’un élément (jme comprends encore)

Mais, surtout, avant de laisser la place à la liste de noël, laissez-moi vous donner un conseil, celui qui me permet d’envisager d’écrire, encore, ici : vos idées sont infiniment plus importantes que votre image. Votre image change, vous changez, c’est inévitable, c’est la vie. Vos idées, vos principes, eux, restent, ou doivent rester, du moins. Si vos actes consistent à rechercher le compromis, l’entente, pour que tout le monde soit heureux, alors votre image deviendra votre idéal. Et vous ne serez plus qu’une image. Celle d’une discipline terne, d’avantage concernée par le respect de ce que les gens croient que par la formidable activité physique, culturelle et éthique, mais inévitablement clivante, qu’elle peut devenir.

Si vous parvenez à éviter cet avenir, si vous arrivez à tenir vos idées et vos principes envers et contre tous, je devrais bien arriver à tenir un article par mois.

Non, par trimestre, faut pas déconner.

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C’est pas tout ça, mais Noël approche, et il convient, pour un hôte ayant parfois manqué à ses devoirs, de fournir à tous ses petits camarades, ou esclav… pardon, lutins, de quoi s’amuser et surtout de quoi produire de la richesse, pour que 2017 se profile sous les meilleurs profi… auspices.

Mais je ne vous orienterai pas vers un quelconque Wik-ἡγεμών-tenauer que vous pourriez modifier à votre aise. Même si je dois avouer que cela ne m’a pas simplifié la vie pour la lettre W. Votre serviteur rédacteur est au contraire généreux et va tenter de vous fournir une belle liste d’outils et de ressources gratuites pour aborder les textes médiévaux, voire le passé en règle générale. Ce que vous faites TOUS quand vous pratiquez les Arts Martiaux HISTORIQUES. N’est ce pas ? Nous sommes d’accord ? Aucun d’entre vous ne bosse sur une modernisation de traduction française réalisée à partir d’une traduction anglaise d’un texte allemand, hein ?

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Commençons, donc. Et croyez-moi, l’équipe de rédaction composée de X personnalités multiples en a chié pour trouver un ordre alphabétique cohérent.

Archives départementales diverses et variées : on ne le dira jamais assez, mais le territoire français est assez bien découpé. Du moins si on oublie ces saloperies de divisions régionales à géométrie variable qui, avec la plus mauvaise des démagogies, surfent sur des sentiments historiques rigoureusement foireux avant de penser fonctionnalité territoriale et omettent régulièrement qui leur donne du pognon tous les ans. Mais je m’égare dans les couloirs de la Société des amis de la Constitution.
Ici, je vais surtout parler des structures que sont les archives départementales, qui, on le sait peu, recèlent des trésors. Les séries E, par exemple. Mais si je les mentionne, c’est surtout parce que ces institutions organisent régulièrement des stages et ateliers auxquels vous, braves citoyens, vous avez droit. Ainsi, les archives de ce département oublié de Dieu qu’est l’Indre et Loire ont mis en place un module d’initiation à la paléographie. Oui, vos impôts ne servent à rien, mais au moins, c’est rigolo. Donc, réflexe à avoir : zieuter, régulièrement, les ateliers, expositions et séminaires de découverte organisés par ces institutions, dont une se situe forcément à moins d’une demi-journée de route de chez vous, du moins si vous vivez dans la patrie de Cyril Hanouna. Vous saurez lire les documents historiques et même si cela ne fera pas de vous des historiens, vous saurez de quoi ces derniers causent quand ils vous disent « oui, mais non, parceque ce bouquin est une copie de mauvais aloi, et absolument pas un manuel utilisable et utilisé »

Bibliothèque Nationale de France : oui, il existe une Bibliothèque Nationale. Oui, c’est une institution de dépôt légal, ce qui signifie que potentiellement, vous pouvez tout y trouver.
Tout.
Ça ne paraît pas concret, comme ça, mais prenez le temps d’y réfléchir. Prenez tout le temps qu’il faut. Et vous comprendrez pourquoi la capitale d’un pays ultra centralisé, ça a des bons côtés.
Accessoirement, c’est une institution qui conserve un petit nombre de manuscrits martiaux et autres livres d’armes. Comme par exemple le « Florius », ou plus concrètement le Ms.11267 du fonds latin.

Collatinus-web: un outil sous-estimé, mais qui est d’un grand secours pour les textes latins et les gens n’ayant pas fait partie d’une promotion de maîtres-du-monde -AKA- Ecole Des Chartes. Il s’agit d’un outil qui vous permet, en écrivant une phrase en latin, tirée, à tout hasard, du Cod.Icon.393, d’avoir un déroulé de la déclinaison présumée, des sens possibles. Indirectement, cela vous donne, avec quelques outils tels une grammaire latine de première bourre, un moyen de comprendre quelque chose dans la seule vraie langue civilisée de ce continent.

Dictionnaire des abréviations Cappelli : Ça vous arrive de tomber sur un texte médiéval chiant ? Le type de texte ou les « o » sont barrés, les « p » pourvus d’une barre transversale, des successions absurdes de lettres comme « l’p’ » ? Et bien un homme a la solution. Un homme, que dis-je, un héros stellaire (stellair-con, disaient ses collègues) a passé une partie importante de sa vie à référencer, lettre par lettre, texte par texte, période par période, zone géographique par zone géographique, les abréviations latines utilisées dans les écrits médiévaux.
Indispensable pour lire un texte médiéval. Et pour séduire les femmes dans les colloques de médiévistes. Ou leurs femmes à eux.

Europeana: La bibliothèque lancée et soutenue par la Commission Européenne recèle, à l’heure où votre serviteur écrit ces lignes, 53529459 œuvres différentes. soit environ 4 fois le contenu de la BNF Richelieu (uniquement les manuscrits. Oui, je triche. Et je vous emmerde). Cela fait toujours une belle base de données avec une interface assez ergonomique, mais un peu poussive. Mais on y trouve du Fiore. Donc c’est tout bon.
Et puis, franchement, maintenant, vous savez pourquoi votre pays est contributeur net à l’Union. Et pourquoi vous devez confier votre destin à des technocrates non élus. CQFD.

Filigrane Briquet : au cas où vous n’auriez jamais ouvert un autre bouquin qu’un SAS de revente, sachez que le papier n’a pas toujours été cette matière misérable qui sent la colle. Il fut une époque, noble, presque digne, où le papier tirait la bourre au parchemin. Pas question qualité, la peau d’un animal mort étant totalement inégalable sur ce point. Mais c’était bien quand même.
Ces anciens papiers étaient porteurs de marques inscrites directement dans la matière, visibles par transparence. Des filigranes. Ces outils sont précieux pour identifier le support (attention, pas le contenu, le SUPPORT) d’écriture, pour le dater et le situer géographiquement. Pour ce faire, un homme, au nom de sabre napoléonien, procéda dans sa vie à un inventaire rigoureux et méthodique des marques inscrites dans le papier. C’est par exemple grâce à cet homme que nous savons que le manuscrit coté Cl.23842 et conservé au Musée du Moyen Age porte de nombreuses marques permettant de relier les papiers utilisés à Munich (1475), Augsbourg (1470-83), Bamberg (1484-88), Landsberg (1480), Mainz (1489) et Bergame (1480). Et là, vous vous posez la question à 1000 points : pourquoi autant de papiers différents… Bienvenue dans l’étude véritable des manuels d’arts martiaux, celle qui prouve qu’ils n’en sont pas.

Gallica : bon, un classique, mais on ne le répète jamais assez. En lien incestueux avec la BNF citée plus haut. Et en plus, vous pouvez y trouver le traité sur la pogonotomie, ou l’art de se raser soi-même de maître Bouchard. Que demande le peuple ?
Et contrairement à Goo-don’tbeevil-gle, vous n’êtes pas fliqué.

Hans Talhoffer blog : Pas en francais. Mais une source assez remarquable d’informations et de réflexions sur les arts martiaux germaniques. La légende veut que le rédacteur soit un troll équivalent aux légendes des AMHE français. Mais c’est impossible. Croyez-moi. Nous avons les pires. Raison de plus pour lire JPK.

IRHT : l’Institut de Recherche sur l’Histoire des Textes. Auguste institution de l’avant-guerre, spécialisée dans l’étude des textes médiévaux. Alors, vous me direz, ça sent l’ennui. Et je vous répondrais que ce n’est pas totalement faux. Rien n’est plus rébarbatif, ennuyeux, soporifique, accablant, lassant, fade, somnifère, insipide, rebutant, morose, morne, déprimant, interminable, incommode, douloureux, insoutenable, en un mot, chiant, qu’un catalogue de bibliothèque.
Pourtant, les vaillants soldats de l’IRHT, glaive au poing et stabilo à la ceinture, vous offrent un site de première qualité, du moins, si l’écrit vous intéresse autant que lesgrossesnépéesquicoupentpourdevraimaispourdefauxpasquonestpasdessauvages. En vrac, on peut ainsi citer les bases de données offerte au chercheur (telle que le passionnant ITER) ou le redoutable Onomasticon Arabicum, qui réjouira en ces temps de campagne pré-électorale gauloisesque.
Mais on notera aussi les très excellents et bénéfiques stages et séminaires qui, pour toute personne civilisée sachant que le sigle RER ne signifie pas « rite écossais rectifié », constituent parmi les meilleures introductions, clés en main, pour aborder un texte et un manuscrit médiéval.
Imaginez, ainsi, par exemple, ce que pourrait vous apporter un séminaire, gratuit, et libre, dédié à la lecture et critique des manuscrits latins. C’est pas comme si on en avait un BEAU, qui constitue à lui tout seul un mystère dans nos disciplines.
Et ne parlons par des autres…

Jaquet, Daniel. Fume la pipe, prononce régulièrement les mots « projet autorial » et « intention du scripteur« . Participe à la tenue de l’excellente revue Acta Periodica Duellatorum, qui offre en ligne un certain nombre de ses articles. Si vous voulez lire des choses qui passent par un rigoureux processus de relecture, expliquant pourquoi votre serviteur n’écrira surement jamais dedans, de peur de se faire recaler, allez-y. Et en plus, comme ils ne font pas ça pour l’argent (il y a des suisses dans le tas, cependant, rappelez vous que la finance est notre ennemie), c’est gratuit en ligne.

Kataloge : En allemand, cela signifie Catalogue. CA-TA-LO-GUE. Voila. Et en français ? Vous déconnez ? Ah, bon. Ben voilà alors : « Énumération précise, méthodique, exhaustive des éléments d’une collection et, par métonymie, support matériel où cette énumération est inscrite.« .  Et bien le Handschriftenkataloge online est une machine merveilleuse, qui regroupe plus de 150 catalogue de la Deutsche Forschungsgemeinschaft, ou « Fondation Allemande pour la Recherche ». Taper une cote, un auteur, et vous pourrez commencer à explorer, dans la langue de Zeppelin, les vraies informations sur les bouquins médiévaux que vous utilisez, plus ou moins, avec discernement. J’ai cru apprendre, d’ailleurs, que la campagne de mise à jour des infos (qui datent d’avant 2005) est en bonne voie. Mais c’est un réseau Bilderberg qui me l’a dit. Alors poupougne.

Le conservatoire : Vous avez du mal avec les AMHE ? Lire de l’allemand est trop dur ? Vos petits yeux d’hispanisants n’arrivent pas à faire la différence entre un dialecte frioulan fleurant bon les influences alpini et le noble veneto de l’empire mondial de la Sérénissime ? Et ben, que voulez vous que je vous dise… lisez du français. Cela tombe bien, un homme de plume, à défaut d’être recommandable dans sa compagnie, réunit vertement ( avec vigueur, pour ceux qui ne comprennent pas le vrai français du XVIe siècle) les manuels et traités de la noble escrime de France, permettant à chacun d’entre nous d’expliquer aux italiens qu’ils tiennent leur fleuret comme des dégénérés.

Millesimo : Au cas où vous ne seriez pas au courant, le calendrier actuellement utilisé n’est pas une oeuvre naturelle d’hommes et femmes insérés dans le grand cycle de Gaia. Actuellement, en France, nous utilisons le calendrier Grégorien, la glorieuse réforme d’Auguste Comte et du calendrier positiviste n’ayant pas survécu à son inventeur. Mais celui-ci n’est en place que depuis la fin du XVIe siècle. Avant, on utilise le calendrier Julien, et les dates figurant sur les sources anciennes ne correspondent pas toujours aux nôtres. Avec du bricolage, vous pouvez replacer la date dans son contexte de l’époque. Et comprendre que notre temps n’est pas leur temps.
Alors certes, martialement, c’est pas vraiment utile. Mais, franchement, c’est sympa. Et culturel. Et vous pourrez, comme tous produit du christianisme triomphant que vous êtes, donner la bonne date de Pâques pour les deux précédents millénaires. C’est pas beau ? La légende dit aussi que l’Hijri et l’Haluahhaivri sont intégrés à l’outil. Si vous voulez vous lancer dedans, c’est le moment. (Code pour la DGSI : « la crêpe vient de sauter hors de la poêle » Je répète « la crêpe vient de sauter hors de la poêle« )

Nimico : La terreur du nord, le chaos rampant des Hauts de France, est l’auteur de ce blog francophone (surprenant quand on sait le voisinage conquérant) sur l’escrime italienne de la Renaissance. Le lecteur francophone y trouvera, pèle-mêle, des traductions de Marozzo le grand et des analyses sur l’escrime bolonaise (que l’on surnomme entre nous Verbalisation Outrancière & Maléfique d’Italie, ou VOMI). De plus, la légende du grand-nord raconte que si vous achetez un pack de 10 bouquins de l’auteur, ce dernier vient chez vous interpréter l’intégralité des albums de Cannibal Corpse au kasoo. Comme ça, pour vous faire plaisir. A moins que ce soit son camarade le picard du sud. Je les confonds tout le temps.

Open Licence : C’est pas capital (en fait, si), ni vital (en fait, si). Vous pouvez écrire sans sécurité (en fait, non). Voire faire cadeau de votre savoir ( malheureux !). Mais au cas où vous ne seriez pas totalement tombé dans le néant de « l’économie de partage du mensonge des CV truqués », vous pouvez protéger et contrôler vos écrits et vos productions. Il suffit de profiter des licences libres. Je recommande personnellement les licences Creative Commons Attribution 2.0 assez simples à mettre en place, vous donnant un grand panel de possibilité quant à la préservation de votre production, de son libre partage, de sa libre reproduction. Bref, vous êtes libres en protégeant votre propriété. Mais arrêtons, nous allons nous mettre à parler de sciences politiques.

Pragmatische Schriftlichkeit : l’allemand, langue des poètes et des séducteurs qui échouent, a généré au cours des années 2000 ce nom de projet barbare qui se proposait alors de transcrire divers manuscrits ayant trait à la guerre (comme dit le texte de présentation : « Handschriften der Bellifortis-Gruppe« ). La liste, qui semble avoir été dévorée par l’ἡγεμών américain, comporte quelques perles qui, non contentes de transcrire un texte, exposent aussi un contexte ( effet allitération). Pour peu que vous ayez quelques bases en allemand, ou que vous sachiez cliquer sur les liens des outils que je vous présente dans cet article, vous devriez trouver des choses… comment dire… intéressantes. Et en plus, Ô. Dupuis le bien nommé a publié dedans. C’est presque un label rouge.

Q : pas d’idées. A vous de trouver.

Reverso: alors oui, il existe de nombreux services de traductions sur le net. Oui, j’aurais pu citer Systran. Ou Google Translate. Mais j’avais d’abord besoin d’un R. Ensuite, Reverso a ceci de pratique que je le trouve ergonomique, qu’il propose à la fois un service de dictionnaire ET de traduction, mais que le dit service de dictionnaire peut vous suggérer des mots proches de celui que vous tapez, si jamais l’orthographe a, comment dire, muté. Toujours utile. Surtout pour les langues germaniques.

Scholar-Google : outil hautement utile, il se trouve que le géant qui dominera la planète dans quelques années, du moins si le prochain président de la République Francaise ne décide par d’égarer un missile M-51 au dessus de la Silicon-Valley, possède une version « recherche universitaire ». L’outil est surpuissant, adossé aux algorithmes de Mountain View, et permet de trier, classer, automatiser vos recherches. Comme par exemple avec des noms d’auteurs, des siècles, des passages de texte, des noms communs comme, je sais pas moi, zornhau… Je vous laisse explorer, mais sachez qu’une bonne série de tutos est disponible sur le site de la bibliothèque de l’université Laval. Oui, le Canada est l’avenir de la France. Par contre, vous devrez vendre votre âme à Larry Page. C’est le prix du meilleur outil gratuit du monde. Paradoxe inside.

Treccani : Les dictionnaires italiens sont des purges. Entre les généraux, les spécifiques, les écoles en guerre, les pédants… c’est simple, les italiens sont comme les français, mais avec une classe absolue. Cela dit, une bonne base de dictionnaire pour farfouiller dans les textes italiens, c’est le Vocabulario della lingua italiana en 5 volumes. On trouve des choses intéressantes, comme des régionalismes linguistiques assez poussés. Et le dico est mis a jour. Et ses relecteurs ont bon gout, sentent bon et ont la sprezzatura. Des italiens quoi. Nous, en mieux.

Umass : on dirait le nom d’un jeu video à la fin décevante. Pour le reste, rien à dire, si ce n’est un compendium de plein de sources.

Vincent le Chevalier, auteur du blog « Ensis sub Caelo« , produit régulièrement des articles de qualité sur les armes blanches, l’approche scientifique de ces dernières (pour éviter les « elle prend bien la lumière, cette épée« ) et tout ce qui s’en suit. Bon, ça écrit en anglais, langue des gueux. Plus rarement en français, la langue des italiens ratés. Mais si, aujourd’hui, vous avez du mal à lire l’anglais… comment dire… mince, dude, l’anglais quoi… (Ps : oui, j’ai triché pour la lettre d’introduction du paragraphe. J’invite les râleurs à proposer en commentaire une ressource gratuite et accessible commençant par la lettre V qui ne soit pas déjà connue de tous).

Wörterbuchnetz : LA ressource linguistique en allemand, pour les gens curieux, appliqués, n’ayant pas plus de capacité à traduire un dialecte allemand qu’à faire des crêpes sans pâte à crêpes. Attention, ce n’est pas magique, et si vous n’avez pas d’idée des nombreuses variations syllabiques des différents dialectes germaniques, vous allez pédaler grave dans la choucroute les premières semaines. De la même manière, les définitions dans les dictionnaires SONT EN ALLEMAND. Ce n’est donc pas un outil de traduction, juste le plus formidable agrégateur de dictionnaires scientifiques germaniques de l’univers, pour qu’enfin, vous puissiez lire la seconde langue vivante la plus civilisée de ce continent.

X-hibition. Le trucage n’est pas de moi, je décline toute responsabilité pour ce barbarisme orthographique. Mais cela me permet de vous causer des expositions récurentes qui se font, un peu partout, et qui, à défaut de vous apprendre à tuer des gens pour de vrai mais pour de faux, vous enseigneront que le Moyen Age et l’époque dite Moderne sont bien plus complexes et différentes de notre monde à nous. Exemple, le bazar de la Villette, qui est ma foi d’un fort beau gabarit. (Ps : c’est payant, mais il y a aussi des catalogues. Avec des bibliographies. Genre que vous pouvez lire avant de causer)

Youtube. Ah ah, on s’y attendait pas, à ce que je trouve un truc en Y. Et ben si. Et contrairement à ce que pense le petit lecteur caché derrière sa doudoune eco-responsable, youtube c’est bien. C’est également une succursale de l’enfer googlelien, mais on y trouve de nombreuses chaînes retransmettant ateliers de stages, conférences ou même cours en ligne. Je donne, à cet effet, l’exemple de la chaîne d’un docteur qui filme quelques ateliers, de ci-de là, en français. Mais on peut aussi citer la chaîne de la Schola, qui, malgré un manque relatif de montage et de femmes dénudées, apporte des interventions pertinentes. En anglais (oui, je sais, mais la France est entrain de gagner la guerre, rassurez vous). Ou encore la chaîne Dimicator, au design soigné et qui n’a contre elle que son utilisation maladive de boucliers. Ou même la chaîne de DuelloLearning, qui tente une structure de MOOC, ou du moins s’y dirige. Bref, perdez du temps sur Youtube, c’est cool.

Zut. Voila. Zut. A moins de trouver un site polonais, je n’ai aucune idée de ressources liée, de près ou de loin, à la dernière lettre de l’alphabet. Oui, si, tiens, une : Zou ! Allez bosser. Vous disposez de 1000 fois plus que tous les pionniers des AMHE réunis.

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2 réflexions sur “2017, boulot gratis. Gratis pour vous.

  1. Pas « recommandable dans sa compagnie », rien que cela. Ce serait pas plutôt un précurseur qui a senti la bureaucratisation des AMHE avant un autre ?

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