Le Zufechten chez Joachim Meyer, Approcher l’adversaire, distances et instants. Atelier AMHE IDF 2015

Salut les rigolos. Suite au charmant petit atelier avec scotch de couleur donné au stage AMHE IDF 2015, voici la transcription du petit papier distribué aux gentils qui sont venus.

T’ention, les erreurs probables sont traduites. Notamment sur la dernière pièce. Si vous voulez en discuter, les commentaires sont là pour ça.

Comme on le voit sur l’illustration, une épée se compose de son pommeau, de sa pointe, de sa croix ou quillons, de sa fusée ou poignée et de sa lame. Il n’y a pas besoin de  plus de mots pour la décrire. 

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La lame est elle aussi divisée en deux parties différentes : il y a tout d’abord le fort et le faible, puis ensuite le vrai et le faux tranchant, c’est-à-dire celui qui est devant et celui qui est derrière.

  • Le fort de l’épée, c’est la partie qui va de la croix jusqu’au milieu de la lame.
  • Le faible de l’épée court depuis le milieu jusqu’à la pointe, ou jusqu’à ce qu’on appelle sa fin. C’est de tout ceci que découle le fait que l’on fasse des techniques proches de l’adversaire ou des techniques loin de l’adversaire.
  • Le vrai tranchant, c’est la partie tranchante qui est dans le prolongement de vos doigts et qui est à l’opposé de vous.

Le faux tranchant, ou demi-tranchant, est la partie de l’épée qui fait face au pouce, ou qui fait face à l’escrimeur et qui se trouve entre le pouce et l’index. Si on voulait comparer ceci avec d’autres armes, on pourrait dire qu’il s’agit du dos de l’épée.

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L’épée est donc divisée de manière rationnelle. C’est cela qui permet d’inventer d’autres divisions qui sont très utiles pour comprendre l’escrime. Selon moi l’épée se constitue ainsi de quatre parties distinctes :

  • La première, on l’appelle la Fusée ou la Poignée. Il y a aussi un Pommeau et une Croix, pour se rapprocher et lutter, attraper, s’emparer et faire d’autres travaux.
  • La seconde c’est le Fort, comme je l’ai déjà dit, qui est utile pour entailler, pour envelopper, pour appuyer et pour faire d’autres choses où l’on joue utilise cette partie forte.
  • La troisième partie c’est le Milieu. On le trouve entre le Fort et le Faible. C’est pour cela qu’on l’appelle parfois la Partie Médiane. Elle est utile pour de nombreux exercices, en fonction des occasions qui se présentent.

La quatrième c’est le Faible, que l’on utilise pour changer de côté, projeter une attaque, aller vite et pour toutes ces choses qui sont réalisés de loin.(Gründtliche Beschreibung der Kunst des Fechtens de 1570, Livre I, f°4v.)

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Ainsi, si vous vous rapprochez de l’adversaire au point de pouvoir lier le faible de son arme avec le faible de votre épée, vous devrez utiliser des estocs ainsi que des frappes sans détours, soit en le trompant, soit en ramenant votre arme vers vous afin de donner une autre attaque. Même s’il essaye de profiter du moment où vous tournez votre arme pour attaquer vos ouvertures, il ne pourra pas courir vers vous car vous serez préparé à le contrer avec l’une des attaques en préparation, plus vite qu’il ne pourra jamais l’être.

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Mais si la distance qui se trouve entre vous et l’adversaire permet aux lames d’être liées en leur milieu, alors vous ne devez pas frapper amplement, ni quitter sa lame sans une raison bien spécifique. Car dès que vous quitterez sa lame, il pourra vous poursuivre. C’est pour cela que vous devez connaître les pièces à réaliser en restant contre sa lame. S’il quitte le fer pour frapper ou se découvre tout seul, soyez certain, à votre tour, de pouvoir le poursuivre.

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Enfin, si vous êtes encore plus proches et que les milieux de vos armes sont liés, alors soyez prompt à l’agripper, à lutter, à l’attraper, parce que vous n’aurez alors pas d’autre choix, à moins d’effectuer une retraite pour vous éloigner de lui.(Gründtliche Beschreibung der Kunst des Fechtens de 1570, Livre II, f°52r-v.)

J’appelle le début « Approche », lorsque quelqu’un vient vers son adversaire qui se trouve devant lui. Le milieu, je l’appelle « Labeur » ou « Savoir-faire ». Cela correspond au moment où l’on lie quelqu’un, ou encore après ce moment, lorsque l’on maintient la pression. La fin, c’est pour moi la « Retraite », dans laquelle les escrimeurs se retirent de devant l’adversaire, sans avoir été blessé. 

L’Approche, c’est avant tout le moment où vous vous préparez  à porter une attaque depuis une garde.(Gründtliche Beschreibung der Kunst des Fechtens de 1570, Livre I, f°1v.)

 […]

Notez que lorsque vous approchez en levant l’épée dans la garde du jour, mais que vous ressentez qu’il n’a pas l’intention de vous frapper tout de suite, alors vous pouvez entamer une pièce qui se fait dans l’Avant :

  • Croisez vos mains au-dessus de votre tête, la droite au-dessus de la gauche, comme si vous désiriez estoquer son visage.
  • Alors que vous faites cela, passez dessous en avançant votre pied droit et ramenez simultanément votre épée autour de votre tête jusqu’à votre gauche, pour donner un puissant coup travers avec le faux tranchant afin d’atteindre son oreille gauche.
  • Ramenez alors votre épée vers vous et menacez de lui donner un coup travers contre l’ouverture basse sur sa droite.
  • Ne laissez pas les lames se rencontrer mais dans le même mouvement retirez votre arme par-dessus.
  • En troisième, laissez le faux tranchant s’écouler loin vers son oreille gauche et frappez en croisant les mains pour atteindre son oreille droite.
  • Dès que cela touche, reculez votre pied gauche et Frappez avec le vrai tranchant, par-dessous, pour atteindre son bras gauche.

Ainsi, vous vous trouvez dans la même posture que sur l’illustration à droite de la petite scène en haut à droite de l’image G (Gründtliche Beschreibung der Kunst des Fechtens de 1570, Livre I, f°32r.)

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  • Dans l’approche, lorsque vous vous dirigez vers l’adversaire afin de réduire la distance qui vous sépare, frappez en travers de son visage depuis votre droite. Faites-le une fois, deux fois ou trois fois en veillant à avancer votre pied gauche à chaque fois. Lors du troisième coup, frappez droit devant, allongez la pointe et laissez le faible de votre épée tomber sur votre gauche.

  • Alors que votre lame passe dessous, tirez votre fusée au-dessus de vous, marchez et frappez d’abord son oreille gauche, depuis sa droite.

  • Dès que votre attaque va toucher, ramenez votre épée d’un seul geste ample et attaquez en second son bras droit par-dessous, sur la diagonale opposée. Pensez à bien maintenir votre croix au-dessus de votre tête, et accompagnez ce coup de dessous par un déplacement simultané de votre jambe gauche sur sa droite.

  • Dès que cette attaque touche, reculez vivement votre épée en montant vers votre droite puis donnez un coup de taille sur son ouverture basse gauche depuis votre droite.

  • Dès que les lames se rencontrent, ramenez votre épée autour de votre tête et donnez une quatrième attaque qui devra être un puissant un coup de travers, pour toucher son oreille droite.

  • Après cela, ramenez vers vous. (Gründtliche Beschreibung der Kunst des Fechtens de 1570, Livre I, f°27v.)

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