L’escrime, c’est une affaire de politique.

En attendant l’écriture d’articles qui me prennent bien plus de temps que prévu, voyons ensembles deux petites citations typiques du monde dans lequel évoluent les escrimeurs de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle.

Par là, bien sûr, je n’entends pas que tous les gens ayant une épée en main y étaient, mais que tous les gens ayant eu une épée en main et ayant un rapport avec les sources techniques que nous connaissons y sont passés, dans ce monde. Le monde des courtisans, de la curialité, bref, des princes en froufrou, des salutations infinies et de la sprezzatura, notre bushido à nous autres, européens. Et qui consiste principalement eu un seul commandement: avoir la classe !

Allons donc pour la première:

C’est, dis-je, un grand plaisir de savoir non seulement comment dire « faisons telle chose » mais aussi de pouvoir rendre compte des raisons pour lesquelles on doit faire cette chose, et convaincre les esprits des auditeurs. Ce qui arrive tous les jours là où des armées sont réunies. Or, le soldat érudit saura bien mieux parler de son plan, et des raisons pour lesquelles il faut le suivre que ne le fera l’ignorant.

Matteo Bandello (1480-1561), traduction de Frédérique Verrier.

Qu’y lisons nous ? Simplement une mise en garde sur la supériorité du soldat-lettré en face du soldat-con-con. Mais on y devine aussi, en filigrane, la volonté de l’échange et du dialogue. Tenez, pour appuyer le propos, passons directement à la seconde citation:

Trois choses président aux affaires humaines, savoir, vouloir et pouvoir: on a tôt fait de vouloir acquérir. Mais l’on ne peut acquérir à la guerre sans vaincre. Et l’on ne peut vaincre sans pouvoir. Et l’on ne peut pouvoir sans savoir. Le savoir est donc la véritable clé de voûte de l’art militaire. Et tout ce savoir consiste à vaincre un grand nombre avec un petit.

Francesco Patrizi da Cherso,

Maintenant, réfléchissez à la mise en scène des livres d’arts martiaux en Occident, à leurs pédagogies et à leurs objectifs ? Ya rien qui fait tilt ?

En tout cas, arrêtez de lire le Gorin No Sho pour comprendre les arts martiaux occidentaux. Vous valez mieux que ça.

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