C’est la parabole sur le poisson mort et la barre à mine…

Les petits nenfants, nous avons parlé des sources (un peu), nous avons parlé des éditions de sources (déjà plus) et des gens (beaucoup).  J’ai notamment pas mal insisté sur la cohérence de l’approche, la nécessaire contextualisation, l’importance de la méthode et surtout, l’omniprésence des babouches dans les arts martiaux.

Nooooon, il va encore nous faire chier avec la méthode historique…

Aujourd’hui, nous allons parler des objets qui nous permettent de faire des AMHE. Oh, non, on ne parlera pas de livre cette fois, bien qu’il soit le centre de notre pratique et que, dans l’absolu, on pourrait bien utiliser des manches à balais (ou des manches tout court) pour pratiquer. Non, rassurez vous, aujourd’hui, on parle d’objets triviaux. Le Carrousel a déjà amorcé le mouvement en faisant la revue de l’excellente raquette « Marozzo » de chez Albion, mais le sujet demande plus de recul. En effet, dans mon antre de plaisir, je me disais, savourant un délicieux sake nihonshu (azumaichi junmai ginjo, pour les curieux) dans un bol taille petit-dej, qu’une petite revue des outils que nous utilisons tous, ou presque tous, ne serait pas pour déplaire. Les objets dont les AMHE font usage sont, en effet, de plus en plus normalisés. De facto, ils font de plus en plus l’objet d’une standardisation, qui n’est pas pour me déplaire. Le standard, c’est bien, surtout quand c’est bien fait.

Mais dès qu’on parle d’équipements, on aborde un océan d’objets aussi divers que le blé dur est différent du blé tendre. Il y a les équipements de protection, les équipements de survie (comme la coquille… et celui qui n’a jamais pris un coup dans les joyeuses ne peut pas comprendre) les équipements de frappe, affectueusement nommés « simulateurs« . On se demande bien qui simule quoi, dans les AMHE, d ‘ailleurs.

rock_fear

Bref, une foule d’objets, qu’il faut multiplier par le nombre de pratiques, d’armes, d’auteurs différents. Ainsi, un fidèle zélote du « zorn-style » refusera de pratiquer avec une épée conçue pour des gens sexy comme un toulousain, pour d’obscures raisons de taille et de bocle.

Pas évident, hein ? C’est d’ailleurs le plus gros problème des AMHE, cette profusion délirante et somme toute assez pathologique de nouvelles choses. Tout pratiquant d’arts martiaux, du moins un pratiquant normal, se satisfait d’avoir à étudier une arme, le temps de se rendre compte que son heure et demi hebdomadaire ne le rendra pas plus talentueux, mais plus dangereux pour lui et ses compagnons (et la société, mais c’est qu’on s’en fout, de la société). A la rigueur, s’il est vraiment masochiste, ou un peu idiot, il combinera cette pratique avec une autre discipline obscure, comme une école de Wing Chun trigonométrique. Mais au bout du compte, il sera concentré sur une ou deux choses.

Ma boule de cristal me permet de deviner que vous dites, l’air paniqué « Pas le pratiquant d’AMHE. vous voulez rire, hein monsieur C. ? »

Je ne ris jamais !

Mais soyons un poil lucides: si le pratiquant d’AMHE n’a pas sa source de serpette, son texte non orthodoxe sur l’épée longue, sa technique à cheval contre deux adversaires monté sur un créneau en V de Prague et ses références de baïonnette du second Reich, il se sent nu ! L’amateur d’AMHE n’est satisfait que lorsqu’il a trop de travail, et encore, à ce moment, il s’en rajoute, expérimentant une source javanaise de combat au coutelas portugais, en espérant que celle-ci pourra lui apporter enfin la réponse à la mystérieuse technique du coup tordu de Liechtenauer, section Speyer, pièce raccourcie, variation luxembourgeoise. (et on ose se moquer des japonais !)

Pourtant, au sein de cette foule d’objets et de pratiques, il y a de l’utile et de l’accessoire. L’utile, c’est ce qui sépare votre capacité à aller bosser le lendemain de l’entrainement de votre séjour à l’hosto. L’accessoire, c’est ce qui vous fait paraître plus cool.

« Mais, monsieur C., tout nous fait paraître plus cool dans les AMHE » êtes-vous en train de hurler derrière votre écran 14 pouces, sweet-shirt Motorhead vissé sur la tête et Doom 3 tournant en arrière tâche. Ce à quoi je répondrais, à mon habitude, que les choses sont bien plus complexes que cela. Et que vous n’êtes pas cool. Un pratiquant de taekwondo qui casse une planche de bois d’un coup de pied sauté retourné est cool. Dwayne Johnson qui soulève un sourcil est cool. Les gants de Lacrosse customisés et les lendemains de cuite, c’est pas cool. Pas du tout.

Le pokemon AMHE, dans son évolution « protection ultime »

Prenons un peu de temps pour expliquer quelques notions de bases. Toute la question des objets de pratique se définit autour de deux paramètres: la sécurité et l’historicité (nous oublierons ici que certains objets historiques sont connus pour être sécurisés).

Ainsi, on peut modéliser les équipements, l’épée avec un E et la protection avec un grand P, sur deux extrêmes:

Sans titre

Cette équation repose sur une constatation très personnelle, je laisserais donc mes braves camarades me contredire: ce qui fait la dangerosité d’une arme, ce sont ses caractéristiques. Ainsi, une épée coupe parce qu’elle est conçue pour couper, pas par hasard. Cette caractéristique influence son comportement mécanique mais aussi le rapport qu’on entretient avec (et accessoirement, les réactions de l’adversaire, mais bon, c’est pas comme si on faisait de l’escrime avec autrui, hein !).
Une épée est également rigide parce qu’elle n’est pas censée plier au moment fatal où elle rentre dans le gentil monsieur en face, ou faire la flagadablade lors de l’impact. Seulement voilà, si les épées d’entraînements ont les mêmes caractéristiques que les armes réelles, la catégorie « entraînement » disparaît, pour devenir simplement une arme. Une arme d’entraînement qui ne plie pas et qui reproduit l’effet de coupe, c’est une vraie, en résumé.

Cette réalité se pose aussi pour les protections, sauf si on commence à s’intéresser au combat en armure, qui fout une partie de cette théorie par terre. Plus on alourdit une protection, plus on est en « sécurité ».

Vous vous en doutez, habile lecteur, l’idée est de mettre en parallèle les armes et les armures. On se rend ainsi vite compte que les deux extrêmes, consistant à s’entrainer avec des armes réalistes, peut amener à un drame quand on s’entraine dans l’équipement correspondant, à savoir tout nu. L’idéal de sécurité étant alors obtenu par le croisillon « pratique réaliste dans un tank ». Inversement, une pratique « tout nu » trouve sa sécurité avec des armes en mousse. Si l’on file, bon an mal an, l’exemple, on se rend vite compte, cependant, que les approches sont extrêmes. Faire de l’escrime tout nu avec une épée aiguisée est tout aussi dénué de sens que de faire de l’escrime avec une armure en métal et une épée en mousse. Et faire de l’escrime avec une épée en mousse équipé d’une armure risque de vous faire passer pour un roliste aviné tant vous ressemblerez à un barbapapa essayant de remonter le temps.

Comme d’habitude, l’équilibre s’obtient au croisement de ces logiques (les petits bâtons verts). Pratiquer avec des armes qui sont à mi-chemin entre une arme qui coupe et une arme en mousse, avec sur le dos un équipement qui soit à mi chemin du naked man et du panzer sous testostérone.

Aucun rapport avec un carré romain.

 

Se pose alors la question à 10 000 ducats: comment se protéger sans avoir l’air ridicule ?

En face de cette interrogation métaphysique, le pratiquant d’AMHE est un peu comme le chrétien, il a sa divine trinité. Le masque, le gant et l’épée. On peut rajouter des apôtres et des saints intercesseurs fondamentaux, comme saint plastron, ou sainte coquille, patronne des hommes qui tiennent à leur virilité vraie. Mais on en revient toujours à la même trinité, notamment parce que nous n’avons pas tous une remorque à disposition pour trimbaler une armure en métal ou en plastique derrière nous.

  • Le père épée

A tout saigneur tout honneur, l’épée est l’outil principal du pratiquant d’arts martiaux historiques européens. Souvent, d’ailleurs, c’est l’achat principal et le motif de fierté le plus mal placé du pratiquant. Il exhibe son outil, vérifiant s’il prend bien la lumière, s’il a la bonne roideur… bref, il fait un déplacement, dans le pur style freudien.

On notera, toujours dans le mode « virilité mal placée » la mode récente de revenir au « métaul », parce que le métal, c’est plus réel, c’est plus « vrai ». Sans métal, pas d’escrime possible (mon dieu, que faisions nous jusqu’ici…), et sans métal rigide, tout est foutu, le sacro saint « fuehlen » devient inexistant (après tout, pourquoi faire des efforts pour le trouver, voire le provoquer, quand il peut venir à vous comme colissimo).

Mais dans un souci d’équité, le prophète que je suis va juste vous présenter, sur une seule image s’il vous plait, deux simulateurs qui me semblent adaptés pour l’épée longue. A décliner pour le reste.

Image pas du tout orientée sur l'aspect indispensable de la flexion.

 

  • Le fils masque

Sans le masque, plus de tête, plus de cerveau, plus de cheveux longs et soyeux, mais un petit tas de bouillie informe et rouge vif. Le masque, c’est le messie des AMHE, celui par qui la bonne parole arrive. Oui, mais, tout comme le vraie Messie, celui avec des muscles, le masque des AMHE est plus protéiforme qu’il  n’y parait. Oui, protéiforme, comme un shoggoth.

D’abord, il faut rappeler que le masque d’escrime a été conçu pour une certaine forme d’escrime, avec des armes n’ayant pas un impact aussi « lourd » que celles que nous pouvons utiliser (et aussi un comportement social différent, mais là, on ne peut rien faire). Mais il demeure une invention remarquable (une preuve qu’en escrime, on INVENTE réellement des choses qui n’existaient pas avant parfois….). Aujourd’hui, on utilise diverses versions, diverses marques, mais j’avoue avoir un gout particulier pour ce modèle, dévié d’un masque de kendo, qui, en plus de la tête, offre une protection relative pour les clavicules, petit os vital pour la vie sociale. Il est issu du pool de photos d’une bande de joyeux slovaques et, accessoirement, si quelqu’un en France se lançait dans une production de ce type, le Carrousel serait intéressé…

Et en plus, c’est beau !

  • L’esprit gant

Le gant, enfin, la troisième partie de cette divine trinité, la plus obscure, la plus insaisissable. Trouver une bonne paire de gants, c’est un peu comme chercher l’Esprit Saint dans un verre de rhum. On part en quête de l’impossible pour le trouver finalement là où il devait se trouver. Car, en effet, ici, le Carrousel à une réponse à votre interrogation: Où trouver de bons gants d’arts martiaux avec armes ?

Mais, enfin, dans une salle d’arts martiaux avec armes ! Nunuches !

Ouais, mais c’est du kendo, c’est japonais, ça peut laisser passer des coups. Oui, je sais. Si vous cherchez une protection qui vous garantira de ne pas prendre un impact accidentel, faites de l’escrime enfermé dans un M1 Abrams. Ou trouvez un partenaire intelligent, ce qui est beaucoup plus difficile à trouver qu’un blindage Chobham en ces temps de salon Eurosatory . Mais ne cherchez pas la protection à tout prix. Relisez ce que j’ai écrit au dessus sur les extrêmes et la ligne médiane.

Cela dit, le gant de kendo n’est pas le seul, et possède des défauts, oui, c’est triste. Il est parfois cher (le modèle en photo au dessus commence à 150 000 yens), il n’est pas forcément adapté aux impacts puissants avec des armes en métal et surtout, surtout… il est japonais et froissera beaucoup les AMHEurs soucieux de leur intégrité martiale, assez nombreux, il faut malheureusement l’avouer.

La version à 5 doigts existe. Mais elle est TRÈS chère.

En définitive, que retenir de tout ce laius ? Que vous ne devez pas faire confiance aveuglément à vos protections. D’une part, elles ne sont pas absolues (a moins d’avoir un tel différentiel entre la solidité de l’armure et le pouvoir de pénétration de l’arme que cette dernière devient aussi opérante qu’un esquimau lancé sur un cuirassé) mais aussi parce qu’elles ne sont qu’une protection passive. Vous pourrez rajouter autant de plaques que vous voudrez, il y aura toujours une lame pour passer dans un interstice. Et quand vous boucherez cet interstice, ce sera un autre endroit qui sera touché accidentellement.

Ce qui fait qu’au bout de cette escalade, nous n’aurons que deux choix: faire de l’escrime en scaphandre ou changer de comportement.

J’ai déja parlé du kendo et de ses règles modernes qui me semblent très bien conçues. On protège les cibles que l’on vise. Ainsi, pas besoin de protéger le coude car le coude ne doit pas être touché. Certes, l’accident demeure possible, mais il est sanctionné et la formation évite d’apprendre à frapper partout.

Cette méthode, si elle est inapplicable dans son détail aux AMHE (trop de styles différents), ne doit pas empêcher de jouer sur l’éducation, l’enseignement et les comportements. Et même là, je pense qu’on pourrait s’inspirer du kendo… faire de l’escrime selon J. Liechtenauer au lançant des coups craniens qui se terminent sous les genoux, c’est un gros souci de cohérence.
Oui, c’est une vérité que tout le monde partage, mais en fait, c’est partagé en surface. Combien pensent que la fin justifie les moyens ? Combien écrivent « s’il s’approche trop, je lutte, même si ça nuit à l’escrime et à son patrimoine » ? Combien disent « s’il approche trop ses mains, je cogne au pif » ? Combien pensent « s’il n’est pas meilleur que moi, je ne l’écoute pas pendant son cours » ?

Combien pensent « bon dieu, jsuis là pour gagner à tout prix, et pas pour perpétuer un art martial » ?

Je fais partie d’une génération qui pense que les arts martiaux, ce n’est PAS de la bagarre. Donc, je demeure persuadé que dans les AMHE, nous devons apprendre deux choses. D’abord, à pratiquer ensemble et donc à nous mettre d’accord sur des normes. Simples et nettes. Comme ne pas nous acharner au sol sur un adversaire. Comme ne pas permettre de donner un coup de pied en pleine avancée sous prétexte que « c’est possible en vrai ». Cadrer les outils. Ne pas organiser un assaut entre un homme de deux mètres et un ado d’un mètre soixante.

A quoi faire confiance, alors ? A deux choses, en fait:

  1. Le comportement des protagonistes.
  2. La formation des protagonistes.

Bref, éducation et civisme. Les valeurs du sport. A bon entendeur ….

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14 réflexions sur “C’est la parabole sur le poisson mort et la barre à mine…

  1. Travaillant depuis plus de trente ans sans protections avec des armes en métal, rigide, parfois pointu, parfois tranchante, j’avoue que toute cette discussion me dépasse et me rends perplexe. Est ce que le monde des AMHE est peuplé que des idiots et des insouciants qui ignorent que l’apprentissage du maniement des armes nécessite plusieurs années de travail dur et intense ? Et quand je rencontre des instructeurs, ce qui m’est arrivé assez souvent ces derniers temps, qui ont deux, peut être trois ans d’expérience en AMHE, je m’inquiète et je me dis, il y a qqchose qui ne tourne pas rond …
    Dans ces moments là j’espère qu’une chose que tous ces cons vont se mutiler entre eux et selon la loi de Darwin disparaître et poser des problèmes ailleurs dans d’autres domaines, comme l’éducation nationale par exemple …

      • Effectivement. Aujourd’hui c’est la course aux protections, qui comble pour moi avec l’armure synthétique australienne.
        Je ressent une certaine lassitude de discuter avec des pratiquants de sparring et des compétitions de l’apprentissage de la maitrise et du maniement d’une arme, qui me regardent comme si j’étais un extraterrestre. Ils n’arrivent même pas à comprendre de quoi je parle. Pourtant je pense que je suis assez doué en explications.
        Combien fois j’entends que le combat, c’est intuitif. Qu’est ce que tu veux leur répondre ? D’une côté ils prétendent de travailler avec des traités (Liechtenauer, Fiore, Talhoffer, Mayer – le nom d’un auteur dans chaque deuxième phrase … ) et d’une autre côté, le sparring, c’est intuitif. Alors, à quoi servent les traités ???
        Et regarde la réponse de J-Louis, il est bien gentil, ce garçon. Mais il sort d’un milieu d’escrime artistique. Et proposer les écoles japonaises n’est pas très pousser comme idée, je pense que tu as certainement y réfléchi aussi. Avec un peu d’expérience on comprend très vite que c’est complètement inadapté.

        Du coup, il faut me pardonné, il y a des moments où je pense : Torse nu avec des épées aiguisées, allez-si, les mecs, montrez moi (en espérant que personne les empêche de passer à l’acte) …

      • Le combat intuitif… ah la bonne blague.

        Les sources historiques sur les AM sont, bien évidemment, une explication de l’instinct 😀

        Merci pour ce moment de plaisir, M. Hewer. Parfois, je vous plains d’avoir à écouter ce genre de discours 😀

      • Tiens, il y a encore une autre, qui, pour l’instant, me fait plutôt rire :
        Les techniques décrites dans les traités sont des actions du combat réel, destinée à blesser et à tuer l’adversaire …
        C’était votre position aussi il y a 10 ans, cher Pierre Al, depuis vous êtes partiellement revenu là dessus.

      • Je ne vois pas de qui vous parlez.

        Mais en effet, les visions évoluent et mutent. C’est le propre de la recherche, de ne pas se satisfaire d’une réponse toute faite.

  2. Excellente approche.
    Il vous faut définir des « règles » pour les combats, ce sont elles qui permettent de s’accorder avec son partenaire qui n’est pas un adversaire car les deux doivent progresser durant l’échange et l’on apprend tout autant, si ce n’est plus, en perdant qu’en gagnant.
    Effectivement, le kendo est une réduction du combat au « sabre réel » puisque les zones de coupes sont limitées par les protections. Pour retrouver plus de cohérence, il faut alors pratiquer en parallèle, iaido, kenjutsu et battodo (la coupe sur paillon).
    Bref, des années de pratique et pas seulement avec deux heures par semaines.
    Au Japon, l’on considère que l’on peut commencer a enseigner à partir du 5 dan soit au bout d’une douzaine d’année de pratique…

    Je sais que beaucoup d’AMHE ont des réactions épidermique vis-à-vis du sabre japonais mais je crois, que sans chercher à les copier, vous avez intérêt à vous inspirer de la méthode d’enseignement (rôle des pratiquants plus avancé) et pourquoi pas créer des kata.
    L’intérêt du kata n’est pas de créer une « action-réponse » c.a.d. à telle attaque, je réponds de telle façon mais a apprendre la disponibilité à toutes les situations tout en travaillant la recherche du geste « juste », celui qui serait réellement efficace en combat.
    Nous en avons parlé lors d’un échange très amicale entre nos disciplines il y a quelques mois sur Perpignan car toutes nos disciplines ne sont pas peuplées de sectaires.

    Bonne continuation.

    • L’approche par le biais du « kata » demeure un vrai problème dans les AMHE, car c’est un modèle qui n’est ni universel, ni forcément adapté à une grande partie des AM occidentaux qui sont des rationalisations du savoir mais surtout des réductions en art. C’est à dire qu’on cherche non pas uniquement à les transmettre mais à les expliquer, dans la pure tradition du scientisme de chez nous (qui oserait dire cartésianisme).

      A l’inverse, certains AM cherchent REELLEMENT à mettre en place non pas une rationalisation mais une mécanisation du geste martial, un automatisme répondant à la mécanique du corps.

      En matière de simplification, on pourrait établir l’idée suivante: les AMHE sont, surtout, des témoins de l’esprit européen d’explication et surtout de domestication du monde.

      La dynamique du « kata », cependant, existe. Mais elle n’a pas de but de pratique dans les AM de l’époque. Elle répond soit à un modèle écrit, celui de la transmission scripturale, ce qui est le cas dans la structure de la « pièce » ou du « jeu » (qui demeurent différents, cela dit). Soit à une démonstration spectaculaire de savoir faire, comme les Parat et autres démonstrations solo qui ont, déja, à l’époque, l’objectif de se la péter grave.

  3. Amusante cette idée d’escrime artistique », venez faire une heure de gi geiko de kendo (combat libre pour la traduction) ou vous allez, à raison de 3 minutes par combat, rencontrer une vingtaine de partenaire non stop et nous pourrons en reparler.
    C’est d’ailleurs plus qu’amusant d’entendre souvent critiquer un pays qui lui a eu la chance de ne pas connaitre de rupture dans la tradition des armes blanches. On finirait presque par prendre cela pour de la jalousie :).

    Merci à ‘lecarousseldesamhe’ pour sa réponse un peux plus constructive. Je ne veux rien importer du Japon, juste parler d’approche pédagogique à travers le kata car il y en a une et même plusieurs selon la façon d’exécuter le kata en fonction du niveau des pratiquants.

    Pour conclure mes « propos artistiques », comme disent bon nombre de sensei (maîtres ndlt) japonais (encore !!!! 😦 ):
    « Apprendre sans réfléchir c’est l’obscurité. Réfléchir sans apprendre est hasardeux. »

    et mes préférées pour l’ouverture d’esprit :
    Marcher sur la voie c’est apprendre tous les jours.
    Ouvert le chemin.
    Quand les certitudes enferment, le doute fait progresser.

    Du haut de mon ignorance
    J’œuvre sans relâche
    Le sourire au cœur.

    • Pour le kata, le souci est qu’il existe déjà dans les sources des modèles sous-jacents, ou carrément exposés, qui peuvent servir de support à l’enseignement et à la transmission. Souvent très analytiques, d’ailleurs. En somme, même si la logique du kata est fascinante, notamment dans une société traditionnelle, elle ne s’adapte pas à une pratique qui s’est bâtie sans elle et surtout dans des modèles très différents.

      Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les AM occidentaux se sont réellement développés en vase clos par rapport aux AM orientaux, jusqu’à preuve du contraire. Leurs modèles pédagogiques existaient et peuvent être plus ou moins réhabilités, en respectant l’esprit et la lettre.

      C’est surtout au niveau de l’encadrement, des choix d’équipements, de compétition et en bref d’adaptation au modèle sportif moderne que le kendo aurait des choses à enseigner sans risquer de dénaturer les AMHE avec épée longue.

      Tenez, pour faire un parallèle, j’ai lu un jour qu’un enseignant de kenjutsu avait différencié les grands types de pratiquants:

      Le pratiquant japonais fait ce qu’on lui dit
      Le pratiquant américain demande comment le faire
      Le pratiquant français pourquoi il doit le faire.

      Toute la différence est là. Il est inenvisageable, dans la démarche des AMHE, de faire une chose parce qu’un enseignant le dit. On le fait parce que la source le dit, et par conséquent il faut expliquer ce qu’on lit dans la source pour justifier son interprétation et convaincre son élève.

  4. Pas mal, même si je ne suis pas d’accord avec tout et surtout sur les armes, il est prouvé par plusieurs pratiquants qu’on peut utiliser une arme tranchante « tout nu », moi même, je travaille souvent avec Anthony Menting en léger, sans masque, ni gorgerin, sans blunt sur le simulateur et il n’y a jamais eu de problème, tant qu’on maîtrise à la perfection l’outils et les techniques. Mais cela reste pour les pratiquants expérimentés avec plusieurs années de travail au compteur.

    Pourquoi on en vient tout au « métaul » et pourquoi de plus en plus de nouveaux pratiquants d’équipent très vite en « métaul » c’est pas parce que c’est plus viril, cool ou classe, mais simplement parce-que :
    – « le sentiment du fer » au moment du liage avec une nylon est inexistant, donc on ne peut pas travailler certaines techniques avec une nylon. De plus c’est assez mal équilibré et trop léger. Mais le nylon est une étape NECCESSAIRE et OBLIGATOIRE pour tous les nouveaux pratiquants, pour se familiariser avec les AMHE
    – Les simulateurs en polypopropochose sont a mon sens/gout/expérience bien trop dangereux pour la pratiques des AMHE. Par contre pas mal pour l’évocation ou le GN.
    – La mousse : je préfère pas en parler……… MMMHHHHH des AMHE avec une Calimacil inpiration elfe noir !!!!!!!!

    Quant à la rigidité, une arme rigide n’est pas forcément obligatoire et un gage d’historicité. Une arme en acier flex est déjà bien plus sécurisée et bien plus histo qu’une barre à mine ( ex la fameuse Ulfberht).

    Le masque, chacun ses goûts, à partir du moment ou il possède une grille suffisamment petite et solide
    Pour les gants, en effet, c’est le Saint Graal…. Un jour peut être

    Pour le reste, c’est une question de comportement, d’éducation et de discipline au sein des clubs. Je pense qu’à l’OGN nous avons pas mal résolu de soucis à se niveau là qui fait que nous savons/pouvons travailler autant « à poil » qu’en lourd.

    et sur le « Ne pas organiser un assaut entre un homme de deux mètres et un ado d’un mètre soixante. » je suis foncièrement pas d’accord. J’ai commencé en étant la seule fille au milieu de barbus costauds faisant de la recons’ et j’en suis pas morte. Bien au contraire, la cadre et la discipline que demande les instructeurs font que tout le monde peut sparrer (et pas combattre ou taper) contre tout le monde, gabarit et niveau confondus à partir du moment ou on travaille correctement ses techniques et que chaque membre a bien en tête que nous sommes là pour échanger et non pour faire de la compet’ et montrer qui à les plus grosses (car dans ce cas, je suis bien classée en plus)

    Mais j’ai été contente de lire cet article, qui est fort bien et très complet !!!!

    Petite allusion à l’OGN relevée !

    • C’est tout le débat des normes et des exceptions. Le Carrousel connaît des gens qui ont 15/20 ans d’expérience et qui n’ont aucune capacité à assumer un exercice véridique avec une épée aiguisée.

      Tout ceci tourne, encore une fois, autour de l’humeur profondément anarchiste des AMHE (en contradiction directe avec des sources souvent très « normales »).

      « Votre Art Martial ? Faites-le vous même. Pas besoin de prof, pas besoin de règles. Juste de la bonne volonté et en 3 ans, vous serez super bon. »

      La question simple que cet article pose, c’est « pouvons nous continuer à penser les AMHE comme une activité sans normes, sans règles et sans interdits ». M’est avis que non. Notamment parce que les règles et les interdits n’ont jamais fait mourir une pratique.

      L’important, c’est que tout le monde continue à s’amuser.

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