Le droit d’auteur au XVIe siècle, ou l’histoire d’un plagiat (et d’une mauvaise excuse)

Aujourd’hui, bande de canaillous, une petite histoire qui se sert des livres d’armes comme prétexte et non comme fond de propos.

Cet homme respire le capitalisme

Christian Egenolff, l’éditeur du « Der Alten Fechter angengliche kunst« , ou, plus prosaïquement, « Introduction à l’art des anciens escrimeurs », était un sacré garnement. Après avoir quitté, en catimini, la ville de Strasbourg, il s’installe à Francfort en 1530.

L’année d’après, il édite son livre d’armes, tranquillement. D’où sort il certains textes, nul ne le sait. Par contre, il faut savoir que le brave Egenolff est traîné en justice, fin 1533, par un confrère, le redoutable Johann Schott, imprimeur strasbourgeois (tiens donc). Il se trouve qu’en effet, Christian Egenolff était soupçonné de s’être tiré fissa avec du matériel appartenant à autrui, et notamment les illustrations du livre « Herbarium Vivae Icones« . Mieux encore, il semble avoir utilisé ces planches pour illustrer une de ses éditions, le « Rosengarten » ou « Roseraie ».

En bref, un joli procès en droit d’auteur. De la part de l’éditeur.

Devinez quel fut l’argument de ce brave Christian ?

« Oui, bon, ok, mais en même temps, est ce qu’on peut dire que l’image des plantes est du domaine privé ? La nature n’est elle pas un modèle pour tous ? Que ces images soient identiques n’est qu’un hasard, il n’y a aucun rapport avec un quelconque vol.

Ciao les cons ! « 

Mauvaise foi inside, nous sommes bien d’accord.

Quand on sait que Christian Egenolff était, vraisemblablement, trafiquant de gravures à ses heures perdues… cela nous laisse songeur quand à l’origine des planches et du contenu du « Der Alten Fechter angengliche kunst« . Il est même fort possible que ce trafic soit une malédiction de cette tradition littéraire. Car en 1538, une édition de Gargantua pourrait avoir plagié les illustrations…. de « La noble science des joueurs d’épée » éditée la même année. Et qui est une traduction du livre que C. Egenolff a probablement plagié, le Ergrundung Ritterlicher Kunst der Fechterey d’André Pauernfeindt.

Tout ceci est forcément un complot. Un complot des sauriens.

 

 

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